Nantes Métropole, première collectivité à recevoir le Green Code Label

Retour d'expériences de l'audit du site Nantes Transition Energetique

Aujourd’hui le numérique représente 2% des émissions de CO2 par an et dans le monde, c’est autant que l’aviation civile et on estime que ces émissions vont doubler d’ici 2020.

Afin de sensibiliser les entreprises, associations et collectivités, le Green Code Lab a lancé il y quelques mois un label reposant sur un référentiel de bonnes pratiques “Green” permettant d’évaluer des sites web.

Du code propre, des images optimisées, des fichiers compressés… Voilà pour résumer ce qui est vérifié pour l’obtention du Green Code Label.

Si les problématiques liées au numériques ne sont pas encore bien connues du grand public elles sont en revanche de plus en plus prises en compte par les professionnels du web, lors du processus de conception et développement des applications et sites internet.

A l’automne 2016, Nantes Métropole lançait une vaste campagne de sensibilisation et réflexion sur la transition énergétique de son territoire et mettait en ligne le site sur le Grand débat, proposant dans la foulée sa candidature au label. Le 17 janvier dernier le site https://www.nantestransitionenergetique.fr/ a obtenu le Green Code Label niveau OR (niveau maximum de notation) et concrétise ainsi numériquement la volonté de transition énergétique portée par la ville de Nantes.

Le Green Code Lab revient sur cette démarche en questionnement les différentes parties liées au processus de labellisation.

 

L’accompagnement par GREENSPECTOR

(Réponses de Thierry Leboucq cofondateur)

Comment GREENSPECTOR a aidé Nantes Métropole et sa maîtrise d’oeuvre dans la préparation au label ?

Thierry Leboucq : Nantes Métropole a contacté GREENSPECTOR pour faire un pré-audit selon le référentiel du Green Code Label et les aider à identifier des solutions avec les équipes de développement Lunaweb. La motivation très forte de l’équipe des directions numériques et de la Communication de Nantes Métropole mais également la prise en compte des améliorations par Lunaweb ont été déterminants dans cette réussite.

Cette démarche de préparation a t elle été clé dans l’obtention du label ?

Thierry Leboucq : Cette démarche de préparation a été clé car elle a montré notamment qu’il ne suffit pas uniquement de respecter des critères de moyens pour obtenir le label. La consommation excessive liée à un carrousel d’images sur page d’accueil remettait en question une très bonne qualité globale et aurait été disqualifiante dans l’obtention du label. Une adaptation du besoin validé collectivement a permis de diviser par 5 la consommation de cette page !

La maîtrise d’ouvrage, NANTES Métropole

(Réponses de d’Ingrid Baudry, chargée de communication et Matthieu Clavier, responsable du service Architecture Informatique)

Quels sont les objectifs du site internet du Grand débat ?

Ingrid Baudry :Le site internet du Grand débat est le coeur du dispositif de communication du Grand débat sur la transition énergétique. Il vise à :

  • Faire de la pédagogie, expliquer la transition énergétique de façon simple et proche, montrer qu’elle est indispensable et inéluctable, révéler son potentiel positif.
  • Donner le mode d’emploi du Grand débat et le faire vivre avec la mise en lumière de toutes les actions ou événements en lien avec le Grand débat qui se déroulent sur le territoire, le blog Blablawatt qui racontent les expériences des citoyens faisant partie des communautés, la mise à disposition de matière (documents ou vidéos des auditions publiques par exemple) qui aident à la réflexion,
  • Faire passer à l’action les internautes et mettre le territoire en mouvement : poster une contribution, individuelle ou collective,
  • Être la mémoire et le livre ouvert du Grand débat : toutes les contributions sont accessibles, en toute transparence.

Quelles sont les motivations d’un label green pour le site web du Grand Débat ?

Ingrid Baudry : La conception de l’ensemble de notre campagne de communication a été pensée pour être la plus responsable possible : quantité raisonnable d’outils et documents de communication imprimés, réutilisation d’un container maritime ayant servi pour Nantes Capitale Verte, réaménagé par nos services internes, avec des matériaux recyclés ou les plus durables possibles, réflexion sur le recyclage de certains outils de communication (exemple : les bâches imprimées).

Le label du site internet du Grand débat transition énergétique https://www.nantestransitionenergetique.fr/ vient récompenser une démarche globale, en phase avec la thématique sur laquelle nous travaillons tout en rappelant l’agilité de la collectivité : utiliser les meilleures pratiques du web pour ses outils de communication.

Qu’est ce que cette démarche d’obtention du Green Code Label vous a notamment appris ?

Matthieu Clavier : La nécessaire dimension collaborative de cette démarche. La proposition de labellisation a été acceptée par les différentes membres de l’équipe projet (communication, community manager, …) ainsi que par l’agence de développement Luna Web, et a été soutenue par l’accompagnement de Greenspector lors d’un pré-audit du site. C’est cette volonté d’atteindre l’objectif ensemble qui a été déterminante. La plus belle illustration a été autour de l’étiquette énergétique. La mobilisation de chacune des parties a permis de trouver collectivement une solution pour atteindre la note A ! C’est également cette proximité qui a permis d’arbitrer rapidement les évolutions nécessaires. Parmi ces évolutions nous pouvons noter entre autres les modifications de la page d’accueil qui sont venues ré-interroger des choix éditoriaux et graphiques (suppression du carrousel), ou le choix de gérer la relation usager avec des mails en format brut. C’est vraiment la compréhension et la prise en compte des dimensions d’usages et techniques qui ont été déterminantes dans la réussite de ce projet de labellisation.

Est-ce une démarche que vous pourriez généraliser dans vos appels d’offre de développement ?

Matthieu Clavier : Nantes Métropole a établi une feuille de route en 2015 sur le sujet de l’informatique durable et responsable. Nous avons une démarche globale, l’écoconception est un sujet identifié sur cette feuille de route. Nous avons prévu de travailler cette année sur la sensibilisation à l’éco-conception logicielle des chefs de projet numérique pour que cette dimension puisse être intégrée au plus tôt dans les projets. Parallèlement, nous souhaitons mettre en place la démarche qui nous permettra d’intégrer ce type de critères dans nos appels d’offre. Nous travaillons d’ores et déjà à intégrer cette démarche sur des sites en cours de développement.

L’audit par le Green Code Lab réalisé par Wouep!

(Réponses de Pablo Barral, co-fondateur)

Rappelez-nous quelles sont les étapes de la labellisation pour Nantes Métropole ?

Dans le cas de Nantes Métropole, la labellisation s’est déroulée en trois 3 temps. D’abord par une auto-évaluation du site nantestransitionenergetique.fr par l’équipe technique.

Ensuite un accompagnement pour préparer le site à l’obtention du label.

Enfin l’audit en lui même qui se déroule sur une journée et pour lequel nous avions la possibilité de contacter la maîtrise d’oeuvre (Lunaweb) qui a développé le site afin de poser nos éventuelles questions sur le code produits et les choix techniques.

Au regard de cette labellisation, quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent passer ce label ?

Le label respectent un certain nombre de règles d’écoconception web et logiciel, de mieux en mieux diffusé. Dans une volonté de labellisation, des bonnes pratiques assez simples peuvent être mises en places et constituer une base intéressante. Si des efforts sont déjà fait dans ce sens, le reste peut souvent être amélioré sans trop de difficultés grâce notamment à un accompagnement avant l’audit par exemple. De plus il existe aujourd’hui des formations qui permettent d’aborder l’éco-conception web/logiciel quel que soit son niveau.

Les entreprises peuvent-elle communiquer sur un respect du référentiel sans passer le label ?

Evidemment, nous encourageons cette démarche, d’ailleurs le référentiel est Open Source et est disponibles sur le site du label. Aujourd’hui les problématiques environnementales liées au numérique sont concrètes et pourtant encore trop méconnues du grand public il est donc important de partager et diffuser ce genre de contenu.

La maîtrise d’oeuvre LUNAWEB

(Réponses de Mathilde Pendeliau, chef de projet)

Comment avez-vous travaillé avec la maîtrise d’ouvrage (Nantes Métropole) pour obtenir le label ?

Nous avons pris connaissance des contraintes, assez proches de celle du référentiel Opquast pour ce qui touche à la partie relative à l’éco-conception et qui nous inspire généralement. Puis, nous avons échangé avec la maîtrise d’ouvrage afin de concevoir en fonction de ces principes, lesquels n’ont pas vraiment posé de problème puisque pris en compte dès le départ. De là, à chaque grande phase de réalisation du projet, nous avons vérifié la bonne conformité du site à ces bonnes pratiques afin de nous assurer que dès le premier jour le site serait au plus optimal.

Le client a très bien compris les « contraintes » d’accessibilité et d’écoconception et les a accepté d’autant plus volontiers qu’il avait très tôt explicité cette démarche, dès le cahier des charges.

Ceci contribue t il à la prise de conscience et à la mise en pratique de bons réflexes de développement des équipes de réalisation ?

Oui absolument ! C’est souvent le premier site labellisé qui « créée la trace » pour la suite et permet d’adapter le process de conception / réalisation pour être parfaitement conforme. Cela nous servira assurément à l’avenir afin de toujours plus rendre service à l’utilisateur final. Nous sommes ravis de pouvoir contribuer également à moins de consommation énergétique !

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